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Welcome to Nicolas' blog.

For several years, I have been travelling abroad for work, for long periods of time. This website is meant to share my impressions about my personal experiences abroad with my family and friends. After telling about my time in Laos, Haiti, Pakistan, Sri Lanka and Myanmar, Japan with side trips in other countries, the current stop is Ivory Coast.
Depuis quelques années, je voyage à l'étranger pour le travail, de manière prolongée. Ce site est déstiné à partager mes impressions sur mes expériences personnelles à l'étranger avec ma famille et mes amis. Après avoir raconté mes passages au Laos, en Haïti, au Pakistan, au Sri Lanka, au Myanmar et Japon, ainsi que des à-côtés dans d'autres pays, l'étape actuelle est la Côte d'Ivoire.


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Mardi 10 juin 2008
Irrawaddy Division, week 1 after Nargis Comme je n’ai pas pu aller dans les zones les plus touchées, je n’ai pas pris de photos, bien que certaines scènes étaient impressionnantes dans Yangon désolée, avec beaucoup d’arbres énormes déracinés et les panneaux publicitaires tombés. Certaines photos avaient été prises par mes collègues dans le Delta, à Yangon ou sur la route. J’ai aussi récupéré quelques photos de journalistes, que je ne peux évidemment pas publier ici (je ne voudrais me retrouver avec un procès de Paris-Match !), et il est de toute façon certainement préférables de ne pas imposer certaines images horribles à vos yeux. Des DVD de vidéos et de photos sont également vendues à la sauvette dans les rues de Yangon, images nues de la réalité, quelques heures après le cyclone. Certaines sont difficiles à regarder, d’autres montrent les efforts d’entraide par les gens localement, ou encore la destruction des villes.
Je ne suis même pas sûr de qui je dois créditer pour ces images, si quelqu’un les reconnaît...

As I haven’t been able to go to the most devastated areas, I didn’t take pictures, although some scenes were impressive in desolated Yangon, with so many huge trees and advertising posts fallen down. Some pictures were taken by some of my colleagues in the Delta, Yangon, or on the road. I also collected some pictures from journalists, which I can’t of course publish here, and it’s also probably better not to impose some horror scene to your eyes. DVDs of videos and pictures are also sold illegally on the streets of Yangon, bare images of the reality, just hours after the cyclone. Some are difficult to look at, others show local people’s relief efforts, or destructions in the cities.
I’m not even sure who to credit for these pictures, if someone recognize them...

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Un court mois a passé, et le sentiment qui domine est la
frustration. Pour la première fois en plus de 3 ans de missions humanitaires, les seuls bénéficiaires que j’ai vu étaient sur CNN et Myanmar TV4... Par bénéficiaires, comprenez victimes. Je ne suis pas sûr d’avoir déjà expliqué ce détail technique des affaires humanitaires, mais ce mot m’a marqué dans le contexte Myanmar : les gens sont affectées par quelque désastre, donc ils deviennent bénéficiaires de nos programmes. Sans accès à ces gens, comment s’assurer qu’ils soient nos bénéficiaires...

Lors de la semaine suivant le cyclone, dans la confusion, une équipe de 3 expatrié a réussi à se rendre dans le delta, où ils ont pu se rendre compte de certains des dégâts, bien qu’ils aient été strictement contrôlés par tous les différents corps de police, d’immigration et d’armées, avant d’être fortement conseillés de rentrer à Yangon. Suite à ça, nous avons réussi à travailler avec des staffs myanmar, mais il nous a pris un mois avant d’avoir une équipe expatriée à nouveau sur le terrain. Mardi dernier, nous avons finalement obtenu une autorisation de déplacement pour 10 jours et pour 3 personnes, puis une seconde jeudi, pour 3 autres experts, obtenue à 11h du matin et valable seulement pour 2 jours...
A part Médecins Sans Frontières, qui a réussi à forcer le passage avec quelques experts, et quelques rares accords bilatéraux, tous les acteurs humanitaires, ONGs et agences ONU, étaient dans la même situation.
Tout ça après des semaines d’intense lobbying à tous niveaux, diplomates, ASEAN, ONU, menaces militaires : seul Ban Ki Moon, le Secrétaire Général de l’ONU, a réussi à négocier l’accès pour les experts internationaux, bien qu’il ait encore fallu 10 jours entre sa déclaration et les réels petits mais fragiles progrès observés sur le terrain.

Yangon after Nargis Pendant ces longues semaines de négociations :
- le Premier Ministre Thaïlandais annonçait suite à sa visite au gouvernement birman que son voyage était un échec et qu’ils refusaient son aide : il n’a réussi qu’à obtenir l’autorisation d’envoyer 20 docteurs thaïlandais dans la région du Delta pour 10 jours. Bien que la Chine, suivie par l’Inde, ait une influence économique et politique grandissante au Myanmar, la Thaïlande est encore largement le premier partenaire commercial du pays.
- John Holmes, Sous-Secrétaire Général aux affaires humanitaires et Coordinateur de l’Aide d’urgence de l’ONU, c’est-à-dire le numéro 2 ou 3 de l’ONU, est rentré à la maison bredouille.
- Louis Michel, Commissaire Européen pour le développement et l’aide humanitaire, n’a pas fait mieux.
- A un moment, on a cru que les titulaires de passeport de l’ASEAN pourrait avoir un accès facilité pour la région du Delta. Logique, le Myanmar est membre de l’ASEAN et son gouvernement est maladivement raciste envers les occidentaux. Mais alors que les agences commençaient à chercher leurs expatriés asiatiques sur les autres missions, on se rendit compte que seules 5 nationalités asiatiques pouvaient prétendre à un statut favorisé : Thaïlandais, Cambodgien, Chinois, Indien et Bangladeshi (donc en fait seulement 2 sur les 10 pays de l’ASEAN).

De l’autre côté du monde, les diplomates Français, Américains et Britanniques faisaient des déclarations incroyablement agressives pour essayer de forcer l’entrée de l’aide dans le pays, avec des bateaux militaires remplis de matériels qui attendaient une autorisation ou un ordre pour débarquer au Myanmar. Bernard Kouchner, Ministre français des Affaires Etrangères, s’est fait refusé son visa pour se rendre au Myanmar. L’ambassadeur français à l’ONU intensifiait encore les débats en déclarant que le refus par le Myanmar de laisser l’aide être délivrée aux victimes se transformer en "une situation risquant de déboucher sur ce qui pourrait s'apparenter à un véritable crime contre l'humanité". Même le Premier Ministre britannique Gordon Brown, ) priori considéré comme encore plus prudent dans ses déclarations internationales que son déjà très prudent prédécesseur Tony Blair, déclarait qu’une catastrophe naturelle " est en tain d'être transformée en une catastrophe humaine par la négligence, l'abandon et le traitement inhumain du peuple birman par un régime qui échoue à agir".

Tout ça pour quoi, au fait ? Et bien, avant de partir, j’étais choqué par certaines sources prétendant qu’il pourrait y avoir plus de 100.000 morts. Aujourd’hui, les chiffres du gouvernement birman sont à 134.000, avec officiellement 78.000 morts et 56.000 disparus. Chiffres qui pourraient être sous-estimés, bien qu’on ne le saura jamais. Pour le township de Bogale (mettons un département français), où on intervient, l’un des 3 townships les plus touchés, le directeur de région, soit la plus haute autorité civile, avance le chiffre de 60.000 morts rien que dans son département. Mais les organes militaires et gouvernementaux qui ont pris la responsabilité des opérations dans ces zones, donne des chiffres largement revus à la baisse.
Irrawaddy Division, week 1 after Nargis 2.4 millions de personnes seraient sévèrement affectés et auraient besoin d’aide d’urgence (ce qui n’inclue pas ceux moins touchés qui ont seulement perdu leur toit à Yangon par exemple), mais le chiffre d’un million n’ayant RIEN reçu plus d’un mois après le cyclone est toujours avancé par l’ONU.
Sur le terrain, comment est-ce que cela se passe ? Des contrôles routiers officiels et plus informels de la police et l’armée jalonnent les routes qui mènent dans la région de l’Irrawady. Pareil sur les axes fluviaux. Les nationaux birmans sont autorisés à passer, plus ou moins, mais les étrangers sont renvoyés vers Yangon.
Beaucoup de journalistes, avec un visa de tourisme, ont essayé de se rendre sur place. Quelques uns ont réussi à passer à travers le filet, d’autres se sont simplement vu interdire l’accès, mais certains ont été expulsés du pays. Nombreux sont ceux qui ont approché les agences humanitaires dans l’espoir d’embarquer avec nous, mais les risques étaient trop grands pour nos activités pour tester les autorités, tant dans les zones touchées par le cyclone que pour nos autres activités dans le pays. Parce que pour 2.4 millions de victimes difficiles à atteindre dans le Delta, c’est 800.000 personnes qu’on essaie de tenir à bout de bras dans le Northern Rakhine State.
Chaque fois que nous avions décidé de faire une tentative pour envoyer du personnel international, des informations parvenaient des autres organisations sur des expatriés échouant aux check-points, nous faisant repousser les essais. Même en essayant de surfer sur la vague de la déclaration de Ban Ki Moon, aucune porte ne s’est ouverte, les procédures habituelles de demandes d’Autorisations de Déplacement ont été mise en place, avec des délais de 10 jours pour obtenir des autorisations de 48 heures.

Le point frustrant, c’est qu’on ne parle même pas de quelque zone isolée à des jours de voyages, mais des alentours de Yangon ! Il faut 3 heures, y compris les check-points, pour se rendre à Pyapon, première base ACF, puis encore 2 heures pour arriver à Bogale !

Alors vous vous demandez peut-être, avec raison, pourquoi nous tenions tellement à avoir des staffs internationaux sur le terrain. Ne pourrions nous pas travailler avec et faire confiance aux staffs birmans ? Pourquoi les expatriés seraient-ils plus capables que les locaux ?
Bien sûr, en toute sincérité, donner son temps et son énergie pour aller quelque part aider les gens, et ne pas avoir le droit de voir les dégâts est une première frustration liée, quelque part, à la curiosité. Mais ce n’est pas la vraie raison professionnelle.
L’expertise internationale dans les opérations de secours est un indéniable facteur. Il y avait tellement de gens à Yangon qui avaient de l’expérience en travaillant après le tsunami, le tremblement de terre au Pakistan, d’autres cyclones tels qu’au Bangladesh, ou tant d’autres catastrophes naturelles ou humaines des dernières années. Chaque situation est différente mais les réponses sont similaires de l’une à l’autre, depuis plus de 30 ans que les crises humanitaires sont traitées au niveau international.
Mais le point principale vient des bailleurs de fond internationaux et de l’utilisation de l’argent ! Regardons les choses en face : ceux qui ont la capacité de donner beaucoup d’argent pour une telle crise sont les Etats-Unis, l’Europe et le Japon, principalement, avec l’Australie et le Canada dans une moindre mesure. Et ces pays demandent une responsabilité et une transparence claire sur ce qui est fait de leur argent, pour s’assurer que c’est arrivé là où ça devait. Particulièrement dans un pays corrompu comme le Myanmar, il est hors de question qu’ils fournissent directement des grosses sommes d’argent au gouvernement, ce qui reviendrait à signer un chèque en blanc pour les dépenses militaires. Et en garants de cette transparence, les experts internationaux sont généralement une condition : les étrangers n’ont pas d’intérêt dans le pays, ils sont moins soumis à la pression directe des autorités ou de groupes locaux, ils s’engagent à fournir le maximum d’aide aux populations dans le besoin une crise après l’autre, ils appartiennent à des organisations connues et reconnues, ils essaient de respecter des standards internationaux de responsabilité, et ils peuvent protéger à la fois les employés nationaux et les donations étrangères.
Même les ONG locales se regroupent souvent dans un consortium chapeauté par quelque agence internationale afin de pouvoir prétendre à des fonds plus importants. Donc sans expatriés pour observer directement les opérations d’aide, pas de donations, pour simplifier. C’est comme ça que notre monde marche, bien qu’on n’en fasse pas souvent la publicité.
Après une première enveloppe d’urgence donnée par les pays riches, déjà de manière surprenante à contrecoeur, il est clair qu’il n’y aura presque pas de donations pour la phase de reconstruction si la situation ne s’améliore pas. Ca a pris à mon organisation un mois pour s’assurer de la signature des contrats, un laps de temps incroyablement long dans un tel contexte. Comme l’ONG a une certaine capacité et a décidé de parier sur la signature prochaine de ces contrats, on a pu démarrer nos opérations sans retard, mais une ONG plus petite avec des fonds propres très limités aurait dû attendre avant d’acheter du matériel d’aide, d’employer des staffs, etc. Sans argent entre les mains, les promesses et la bonne volonté ne sont rien.

Est-ce donc à dire que nous n’avons rien fait pendant ce mois? Non, en fait on a évidemment été très actifs et réactifs, et un gros travail a été réalisé à travers les employés nationaux avec les possibilités limitées dans lesquelles ils pouvaient travailler. Les premières informations des expatriés qui ont réussi à aller à Bogale la semaine dernière sont qu’un très bon travail à été fait mais peut-être pas nécessairement dans les endroits les plus prioritaires.
Stock in a monastery, Bogale ACF Myanmar a été très réactif dans les premiers jours suivant le cyclone, en identifiant une zone très touchée et en envoyant un premier convoi de nourriture une semaine à peine après la tempête. Malheureusement, de très importants employés locaux, expérimentés et dignes de confiance, avaient quitté ACF dans les mois précédents, donc l’organisation a dû compter sur quelques membres plus nouveaux et moins expérimentés pour lancer une opération délicate. Les ONG internationales n’étaient d’abord pas autorisées à délivrer directement leur aide mais étaient tolérées sous couvert de la Croix-Rouge Myanmar. Les volontaires locaux de la Croix-Rouge ont été ceux qui ont réalisé le travail décisif lors de cette crise, mais ils n’ont reçu que très peu de soutien, seulement 500 volontaires supplémentaires venus des zones non touchées (mais tout de même de la Division de l’Irrawaddy).
En premier lieu, ils étaient donc certainement plutôt heureux de recevoir le soutien d’autres agences humanitaires. Mais pour nous, cette situation ne pouvait pas durer, puisque nous ne pouvions pas continuer d’accepter de prendre nos ordres et de suivre les méthodes de travail d’une agence évidemment liée aux autorités.
Pendant ce premier mois, des aires géographiques ont été mises sous la responsabilités des divers acteurs, et la Croix-Rouge Myanmar recevait et attribuait les requêtes des victimes à l’agence en charge. Beaucoup de nourriture et d’autres objets essentiels ont été livrés, mais la limite de cette méthode est que seuls les gens qui pouvaient se déplacer vers la ville principale pour demander de l’aide recevaient du soutien. A partir de maintenant, une approche plus directe et proactive doit être mise en place pour atteindre ceux qui n’ont rien reçu et attendent désespérément.

Et nous, expatriés, qu’avons-nous donc fait pendant ce temps là ? Ca n’a bien sûr pas été une mission de tout repos, nous avons travaillé dur pour mettre en place une stratégie, coordonner nos actions avec les autres acteurs, écrire des propositions de projet pour obtenir des fonds, recruter et former de nombreux Birmans, augmenter de manière impressionnante notre capacité logistique pour envoyer des milliers de tonnes de matériels d’aide et de nourriture, recevoir des avions de fret contenant du matériel de secours et de première nécessité.
Nous avons réussi à assurer 3 millions d’euros de fonds de divers bailleurs de fond occidentaux, pour 3 mois, une somme plutôt important pour nous dans de telles situations. Nous avons également récupéré des donations de produits de première nécessité, arrivés par fret aérien qu’il fallait décharger sans retard, parfois jusqu’à 6h du matin, pour s’assurer qu’ils ne soient pas saisis par l’armée, comme c’était arrivé à d’autres organisations. Entre les donations et nos propres approvisionnements, ce sont 10 avions que nos logisticiens ont réceptionnés.
Notre but est de fournir de la nourriture et des produits de première nécessité pour environ 75.000 victimes. Heureusement pour l’eau, les premières pluies de la saison humide ont commencé tôt en Mai, donc notre stratégie est de fournir le maximum de récipients, avec des bâches en plastique pouvant servir d’abris et de collecteurs d’eau de pluie. L’eau de pluie est la réponse adaptée pour autant de personnes et nous laisse 3 mois pour préparer la fin de la saison des pluies. Traditionnellement, les gens buvaient déjà l’eau de pluie pendant cette période de l’année.
Disons que, pour l’eau, ils ont eu plutôt de la chance que le cyclone n’ait pas lieu un mois plus tôt, parce que sans accès sur le terrain pour les spécialistes en eau, il n’aurait pas été question de mettre en place efficacement des stations de purification aux endroits stratégiques, livrer l’eau aux personnes déplacées, et creuser des forages dans l’urgence.
Du côté de l’agriculture, au contraire, le moment était particulièrement mauvais, puisque le riz était déjà planté et a été perdu. Dans certains endroits, ils devraient avoir le temps de replanter et d’obtenir une récolte de saison des pluies. Il est extrêmement difficile d’estimer l’impact du cyclone, au vu des données disponibles très limitées. La région du Delta est le principal grenier à riz du pays, mais seule la partie Sud a été affectée par le cyclone. Peut-être 10 à 15% de la production du Myanmar est tout de même en jeu.
Fournir de la nourriture à tant de personnes pourrait également déstabiliser les marchés locaux, avec un impact majeur sur les endroits déjà vulnérables du pays, comme le Nord Rakhine State où je travaillais avant, où les gens sont déjà particulièrement affamés. Les objets en plastique, comme les sceaux et les bâches, sont déjà quasiment impossible à trouver dans le pays, et les prix des matériaux de construction flambent. Les besoins énormes en Chine, suite au tremblement de terre, ne vont pas soulager le Myanmar. Et les troubles prévus au Zimbabwe non plus (le HCR garde la moitié de son stock d’urgence en prévision pour cette partie du monde).

Le niveau des destructions et des victimes est extrêmement important parce que le cyclone, c’est-à-dire des vents très violents et d’abondantes chutes de pluies, a été accompagné sur la côte d’une vague de 4 à 6 mètre, comme un tsunami, balayant les villages en bord de mer ou proche des bras de rivière importants.
Des cadavres incomptables d’humains et d’animaux ont été balayés et on en trouve encore énormément aujourd’hui. C’est assez surprenant, mais les survivants n’ont pas ramassés ces corps pour les enterrer ou les brûler, disant qu’ils ne les connaissaient pas. L’armée, évidemment très présente dans la zone, n’a pas fait ce travail là non plus. Il reste donc des dizaines de milliers de corps qui se déplacent au rythme des marées, coincés dans les mangroves, ou perdus en mer.
Dead water buffalo, Irrawaddy Division Sur cette partie, j’ai retenu une leçon très intéressante à l’occasion de cette crise : on croit généralement, y compris les acteurs humanitaires et médicaux, qu’il y a toujours un risque majeur d’épidémie à cause des nombreux cadavres suite à une catastrophe naturelle. En fait, dans l’histoire récente, ce scénario ne s’est jamais révélé exact. Bien sur, l’aide massive qui est généralement fournie lors des récents désastres pourrait explique que la situation reste sous contrôle. Mais un récent courant de pensée essaie de faire changer cette idée préconçue en affirmant qu’il n’y a aucun risque d’épidémie venant des cadavres morts dans une catastrophe naturelle, et cela est confirmé par les directives de gestion des dépouilles de l’OMS et le CICR. Contrairement aux idées reçues, les cadavres ne doivent pas être la priorité parce qu’ils ne propageront pas de maladies. La plupart des organismes infectieux, si la personne était déjà malade, ne survivrait pas plus de 48 heures dans un corps décédé. Et il pourrait y avoir de la contamination fécale si la personne avait une diarrhée infectieuse, mais finalement pas plus, et même moins, qu’une personne malade en vie.
En Birmanie, on peut dire que c’est un test à grande échelle de cette théorie. D’un autre côté, ces directives disent que la priorité devrait être donnée non pas à l’élimination ou l’enterrement des corps, mais à l’identification des victimes, pour que les survivants puissent récupérer et faire le deuil de leurs parents. Ca ne sera pas possible non plus au Myanmar, et l’impact psychologique restera pour longtemps.
Bien sûr, tout cela ne concerne que les morts subites suite à une catastrophe naturelle, et pas en cas d’épidémie déjà existante, et ça n’évite pas que des épidémies se propagent ensuite dans les camps bondés où les survivants se regroupent.
Pour ces directives très intéressantes bien que macabres (en français seulement le résumé).

Bien que j’aie passé la plupart de mon temps dans un bureau, j’ai réussi à collecter quelques bonnes anecdotes à raconter.
< Satellite dish, Irrawaddy Division, week 1 after Nargis Le New Light of Myanmar, quotidien officiel en anglais, propagande gouvernementale hilarante, rapportait fièrement que le Premier Ministre Général Thein Sein avait donné 20 télévisions, 10 lecteurs DVD et 10 récepteurs satellites pour divertir les victimes de la tempête.
Des scènes hilarantes ou à pleurer vues chaque jour sur la chaîne Myanmar MRTV4 :
- largage aérien d’un pack de 6 bouteilles d’eau depuis un hélicoptère.
- visite d’un camp modèle par un paquet de généraux : toutes les familles au garde-à-vous devant leurs tentes parfaitement alignées, une ligne de tente de chaque côté de la route, réel effort du caméraman pour tout faire rentrer dans le champ de la caméra de sorte qu’on ne puisse pas voir l’extérieur.
- sûrement le même général distribuant lui-même des produits de première nécessité à des victimes reconnaissantes et effrayées, toutes parfaitement alignées : un objet chacun : l’un, un rouleau de film plastic, l’autre, 2 bouteilles d’eau, le troisième, une lunch-box de riz. Un peu plus tard, distribution de lunch-box individuelles, en polystyrènes, les mêmes que celles qu’on mangeait sur le pouce le midi au bureau... Quand on distribue de la nourriture, on fournit directement des rations familiales pour 15 à 30 jours minimum.
- évidemment, après 4 semaines, il leur a bien fallu sortir du formol le Senior Général Than Shwé, l’enfoiré qui dirige le pays. Une petite visite dans la banlieue de Yangon. Il se dit que l’homme a perdu sa lucidité et fait des crises de démence. Est-ce que ça peut vraiment être pire ? De toute façon, il avait vraiment l’air foutu, ça ne peut plus être lui qui tire les ficelles.
- le référendum pour inscrire dans la pierre la main mise des militaires a été adopté avec plus de 92% de oui sur 98% de participation ! Dans les régions dévastées, le vote était repoussé au 24 Mai, et 93% ont voté dans les régions touchées de l’Irrawaddy. Vous demandez vous également ce qu’ont bien pu voter les 56.000 disparus ? Sûrement la même chose que les 78.000 morts. Au Nord Rakhine State, les Musulmans ont dû voter eux aussi, alors qu’ils ne sont pas considérés comme Myanmar. 99.9% ont soutenu le gouvernement.
Au début de la crise, les gens étaient déplacés de force dans des camps contrôlés par l’armée, au Nord des zones affectées. Bien qu’il soit difficile de le confirmer, il se raconte que certains camps séparaient les hommes et les femmes, et les utilisaient pour du travail pas-forcé mais à peine payer, casser des cailloux par exemple. Et qu’on n’y voyait aucun adolescent. Effrayant, sachant que le Myanmar est tenu pour être le premier pays en nombre d’enfants soldats.
Dès le référendum terminé, les gens ont été forcé dans l’autre sens, renvoyé à la "maison", ou à côté, n’importe. Le gouvernement estimait qu’il valait mieux qu’ils rentrent manger des grenouilles, ça leur ferait des repas plus équilibrés que les barres de chocolat distribuées par les agences étrangères. Il faut reconnaître que nous n’étions pas très convaincu non plus par la volonté d’UNICEF de distribuer de l’Ovaltine...

Il serait évidemment injuste d’oublier la mobilisation des Birmans pour aider leurs concitoyens. De nombreuses personnes ont collectés des dons et des levées d’argent à Yangon et à travers le pays, et se sont déplacés dans l’Irrawaddy ou les banlieues de Yangon pour organiser des distributions. La Division de l’Irrawaddy est une région riche à quelques heures de Yangon, et nombreux sont ceux qui y ont des proches.
Transport of relief items, Bogale Le comédien le plus célèbre du Myanmar, Zaganar, s’est vu interdire l’accès à l’une des banlieues de Yangon où il était le premier à essayer de fournir des produits de première nécessité. Il est ensuite passé par les moines pour fournir son aide. Il a été arrêté dans la nuit de mercredi dernier.
Un vieux moine très révéré de Mandalay a collecté des dons et s’est rendu dans le Delta pour les distribuer. Pour son premier voyage, il apportait 2 camions pleins. La seconde fois, il a voyagé en train avec 2 malles de matériels. La troisième fois, il n’avait pu obtenir que 100.000 kyats, moins de 100 US dollars. Les Birmans ont donné tout ce qu’ils pouvaient, mais ils luttent déjà dans leur vie de tous les jours avec des dépenses croissantes.
Sur la route de la Division de l’Irrawaddy depuis Yangon, il y a un check-point important. Il semblerait que les privés Birmans devaient payer $30 pour apporter leurs dons. Ca aurait ensuite augmenté à 50, puis aux dernières rumeurs, ça coûterait maintenant $400.

L’assistance dans chaque township (mettons département ou canton), a été mis sous la responsabilité de différents ministères. Ministère de l’Energie, Ministère de la Sécurité Sociale, Ministère de l’Agriculture, faites votre choix ! Les premières semaines, il y avait une rotation de ministère chaque semaine !! Pour Bogale, le Ministère des Forêts était en charge. Mais au niveau du District (mettons Région), c’était encore un autre ministère : le Ministère des Hotels et du Tourisme !! Maintenant vous croyez vraiment que j’ai grillé un fusible et que j’ai inventé ce texte tout entier, n’est-ce pas ?!

Me revoilà donc de retour à Tokyo, prêt à enseigner à nouveau, à priori jusqu’à octobre. Après ça, si quelqu’un a de bons tuyaux pour m’aider à trouver un boulot dans les relations internationales et la géopolitique, c’est finalement la partie qui m’intéresserait beaucoup pour ma prochaine reconversion.


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One brief month has past, and the feeling that prevails is frustration. For the first time in over 3 years of humanitarian missions, the only beneficiaries I have seen were on CNN and Myanmar TV4...  By beneficiaries, understand victims. I'm not sure I have ever explained this technicality from the humanitarian affairs, but this word stroke me in the Myanmar context: people are affected by some disaster, so they become beneficiaries of our programs. With no access to these people, how can we be sure they are our beneficiaries...

Irrawaddy Division, week 1 after Nargis During the week following the cyclone, in the confusion, a team of 3 expatriates managed to go to the delta, where they could see some of the damages, although they were strictly controlled by all the different police, customs and army corps, before being strongly suggested to go back to Yangon. After that, we managed to work through Myanmar staffs, but it took us one month before being able to have a team of expatriates on the field again. Last Tuesday, we were finally granted a 10-days Travel Authorization for 3 people, then Thursday a second one for 3 other experts, delivered at 11am for 2 days only...
Except for Médecins Sans Frontières, who managed to force a couple of experts on the field, and rare bilateral agreements, all humanitarian actors, NGOs and UN agencies, were in the same situation.
All that after weeks of intense lobbying at all levels, diplomats, ASEAN, UN, military threats: only Ban Ki Moon, UN General Secretary, managed to negotiate access for the international experts, although it took 10 days between his announcement and the real small but fragile progresses seen on the ground.

During these long weeks of negotiations:
- the Thai Prime Minister announced after his visit to the Myanmar government that his trip was a failure and that they were refusing his help: he only managed to obtain an agreement for 20 Thai doctors to go to the delta region for 10 days. Although China, followed by India, has an increasing economical and political influence on Myanmar, Thailand is still largely the first trade partner of the country.
- John Holmes, UN Under-Secretary-General for Humanitarian Affairs and Emergency Relief Coordinator, hence number 2 or 3 of the UN, went home empty-handed.
- Louis Michel, EU Commissioner for development and humanitarian aid, didn't do any better.
- At one point, it was believed that ASEAN passport holders would have an easier access to the Delta region. Logical, Myanmar is part of ASEAN, and its government is insanely racist towards Western people. But as agencies started to seek for their Asian expatriates on other missions, it appeared that only 5 Asian nationalities could pretend to a favoured status: Thai, Cambodian, Chinese, Indian and Bangladeshi (so actually only 2 of the 10 ASEAN countries).

On the other side of the world, French, American and British diplomats were making incredibly aggressive statements to try to force aid into the country, with Navy ships full of materials waiting for an authorization or an order to land in Myanmar. Bernard Kouchner, French Foreign Affairs Minister, was refused a visa to enter Myanmar. The French UN ambassador escalated the debate by stating that Myanmar's refusal to allow aid to be delivered to people "could lead to a true crime against humanity." Even British Prime Minister Gordon Brown who is usually seen as even more careful in his international statements than his already careful predecessor Tony Blair, declared that a natural disaster "is being made into a man-made catastrophe by the negligence, the neglect and the inhuman treatment of the Burmese people by a regime that is failing to act".

Bogale week 1 after Nargis All that for what, by the way? Well, before leaving, I was shocked by people alleging over 100.000 dead people. Today, figures from the Myanmar government are at 134.000, with officially 78.000 dead and 56.000 still missing. Figures that could be underestimated, although we'll never know. In Bogale Township, where we intervene, one of the 3 most devastated areas, the Township Chairman, so the highest civil official, has a figure of 60.000 dead for his township alone. But the military and governmental bodies that took over responsibilities of the areas give much smaller figures.
2.4 millions people were severely affected and need emergency aid (this doesn't include less affected people who just lost their roof in Yangon for example), but an estimated 1 million still hasn't received ANYTHING more than a month after the cyclone.
On the ground, how does this work? Formal and informal roadblocks are held by the police and the army along the roads leading to the Irrawaddy region. The same goes for rivers. Myanmar nationals are allowed to go through, more or less, but foreigners are turned back to Yangon.
A lot of journalists, under tourists visas, have tried to go onsite, a few managed to sneak in, others were just denied access, but some have been deported from the country. Many approached humanitarian agencies to be taken on board, but the risks for our activities, on the cyclone areas but also in the other parts of the country, were too high to test the authorities. Because for 2.4 million victims that are difficult to reach in the Delta, it’s 800.000 persons that we try to support in Northern Rakhine State.
Every time we had decided to make an attempt to send international personnel, reports from other agencies' staffs failing at the checkpoint postponed our trials. Even trying to surf on the wave of Ban Ki Moon's declaration didn't open any door, the usual Myanmar Travel Authorizations requests was put in place, with delays of 10 days to get 48 hours authorizations.

The frustrating thing is that we are not even talking about some remote area days away, but of the outskirts of Yangon! It takes 3 hours, including checkpoints, to travel to Pyapon, the first ACF base, and another 2h to reach Bogale!

So you may be wondering, with reasons, why did we want so hard to have international staffs on the ground. Can't we work through and trust Myanmar staffs? Why would expatriates be more able than local people?
Bogale Of course, honestly, giving your time and energy to go somewhere to help people, and not be allowed to see the devastation is a first frustration linked, somehow, with curiosity. But it is not the real professional reason.
International expertise in relief operations is an undeniable factor. So many people in Yangon had experience working for the tsunami, Pakistan earthquake, other cyclones like Bangladesh, or in so many other natural or human-made crisis of the past years. Every situation is different but answers are similar from one to the other, for over than 30 years since humanitarian crisis are dealt with at an international level.
But the main point is the international donors and the use of the money! Let’s face it: those who have the capacity to provide a lot of money for such crisis are the USA, Europe, and Japan, mainly, and at a lower scale Australia and Canada. And these countries demand a clear accountability of what is done with their money, to ensure it reached where it should. Especially in a corrupted country like Myanmar, there is no way they would provide large amounts to the government, signing a blank check to military expenses. And as some warranty of this transparency, international experts are usually a requirement: foreigners have no interest in the country, they are less likely to receive direct pressure from authorities or local groups, they commit themselves to provide maximum aid to populations in need, one crisis after another, they belong to well known and recognised organizations, they try to respect international standards of accountability, and they can protect both national staffs and foreign donations.
Even local NGOs are often grouped in a consortium headed by some international agency in order to be able to apply to more important funds.
So with no expatriates to directly observe the relief effort, basically no donations. That’s how our world works, although it is not advertised very often.
After a first emergency envelop donated by rich countries, already unexpectingly reluctant, it is clear that almost no money will be donated for the reconstruction phase if the situation doesn't improve. It took my organization one month to ensure the signature of contracts, an incredibly long time in such context. As the NGO has some capacity on its own and decided to bet on the signature of these contracts, we started our operations with no delay, but smaller NGOs with limited own funding would have had to wait before purchasing relief items, employing staffs, etc. With no money in your hands, promises or good will are nothing.

So is it to say that we haven’t done anything in this month? No, actually we have been very active and reactive, and a great job has been achieved through national staffs with the limited possibilities to work that they had. The first reports from the expatriates that managed to go to Bogale last week said that some very good work had been done, but maybe not necessarily in the most priority villages.
ACF Myanmar has been very reactive during the first days following the cyclone, identifying a very affected zone and already shipping food one week after the storm. Unluckily, very important, experienced and trustworthy local staffs had left ACF in the previous months, so the organization had to rely on some less experienced newer staffs to launch a delicate operation. International NGOs were not allowed to deliver directly their aid but were tolerated under the umbrella of the Myanmar Red Cross. The local Red Cross volunteers are the ones who achieved the critical work in this crisis, but they received very little support, only 500 extra volunteers from outside of the devastated zones (but still from the Irrawaddy Division) came to support their colleagues.
Main stock, Bogale So in the first stage, they were probably quite happy to receive the support of other aid agencies. But for us, this situation was not to last, as we can’t continue to receive our orders and follow the methodology from an agency that is actually tied with the authorities.
During this time, geographical areas of responsibilities have been decided between the various actors, and the Myanmar Red Cross was receiving and dispatching requests of victims to the agency in charge. A lot of food and other items have therefore been delivered, but the limit of this action is that only people who could travel to the main city to request aid received support. From now on, a more proactive and direct approach will be put in place to reach those who received nothing and are probably in despair.

And so, us, expatriates, what have we done in the mean time? It sure hasn’t been a restful mission, we actually worked quite hard at setting-up a strategy, at coordinating our action with other actors, at writing projects’ proposals to obtain funds, at recruiting and training many Myanmar people, at impressively increasing our logistical capacity to ship thousands of tons of relief materials and food, at receiving planes of freight containing relief items and materials.
We managed to secure funding of about 3 millions Euros on various western donors, for 3 months, a fairly big amount of money for us in such situations. We also received donations of basic relief items, through air freights that had to be unloaded with no delay, sometimes until 6am, to make sure the army would not seize them like they did with other organizations. Between donations and our own supplies, our logisticians received 10 plane loads.
Our goal is to provide food and basic items to about 75.000 victims. Luckily for water, the first rains of the rainy season started early in May, so the strategy was to provide the maximum number of water containers, together with plastic sheets that can be used for both shelter and rainwater collection. Rainwater is the adequate answer for so many people and leaves us 3 months to prepare the end of the rainy season. Traditionally, people drink rainwater during this period of the year.
Let’s say that, water-wise, they have been somewhat lucky that the cyclone was not one month earlier, because with almost no access for water specialists on the ground, there is no way we could have efficiently set up purification plants in strategic places, truck water to the displaced people, and drill boreholes in emergency.
On the other hand, for the agriculture, the timing was very bad, as rice was already planted and has been lost. In some areas, they may have time to plant again and get a rainy season crop. It is extremely difficult to measure the impact of the cyclone, considering the very limited data available. The Delta region is the main rice basket of the country, but only the Southern part of it has been affected by the cyclone. Maybe 10 to 15% of Myanmar’s rice production is at stake.
Providing food to so many people may also destabilize the local markets, impacting other vulnerable areas of the country, like the already hunger-stricken Northern Rakhine State where I worked before. Plastic items, like buckets and plastic sheets, are basically impossible to find in the country any longer, and the cost of construction materials skyrockets. The huge needs in China following the earthquake won’t ease the needs in Myanmar. And the foreseen troubles in Zimbabwe either (UNHCR is keeping half of their contingency stock for this part of the world).

The level of destructions and casualties is extremely important because the cyclone, hence very violent wind and heavy rain, was accompanied on the shore by a tidal wave of 4 to 6 meters, like a tsunami, sweeping all the villages along the coast or near the main river streams.
Uncountable human and animal bodies have been swept away, and many are still found today. Surprisingly, survivors didn’t collect these bodies to bury or cremate them, because they were saying they didn’t know them. The army, of course very present, didn’t do this job either. So tens of thousands of bodies are still being moved by the tides up and down, getting stuck in mangroves, or being lost at sea.
On that part, I have learnt an interesting lesson during this crisis: we commonly believe, including humanitarian and medical actors, that there is a huge risk of disease outbreak after natural disasters causing numerous deaths. Actually, in the recent history, this scenario never proved right. Of course, the massive aid provided in recent disasters may have explained that the situation was kept under control. But a recent current of thought states that there is no risk of epidemics from dead bodies following natural disasters, and this is confirmed by the guidelines in body managements from WHO and ICRC. Contrary to the common beliefs, corpses should not be the priority as they won’t spread diseases. Most infectious organisms, if the person was already sick, would not survive 48 hours in a dead body. And there could be some small faecal contamination if the person had infectious diarrhoea prior to the disaster, but not more, even less actually, than a living sick person.
In Myanmar, we can say that it is a full scale test of this theory. On the other hand, these guidelines state that effort should be done not on burial or disposal of bodies in emergency, but in the identification, so that the remaining living ones could identify and mourn their relatives. This won’t be possible in Myanmar and the psychological impact will remain for a long time.
This is of course only for sudden deaths following a natural disaster, and not for already existing outbreaks, and it doesn’t prevent that epidemics later start in crowded camps where survivors gather.
For these very interesting although
macabre guidelines.

So although I have mostly been working in an office all day long, I managed to gather some good anecdotes to tell.
The New Light of Myanmar, the official English daily newspaper, the hilarious governmental propaganda, proudly reported that Prime Minister General Thein Sein gave 20 TV, 10 DVD players and 10 satellite receivers to entertain storm victims.
IDPS, Irrawaddy Division Cracking or sad scenes seen every day on the Myanmar Channel MRTV4:
- airdrop of a 6-pack of water bottles from an helicopter.
- visit of model camp by a bunch of generals: all the families standing to attention in front of their perfectly lined up tents, one row of tent on each side of the road, a real effort from the cameraman to fit every thing in the field of vision so that people don’t see outside.
- probably the same general distributing himself relief items to gratefully scared victims all in a perfect line: one item each: one, a roll of plastic sheeting, one, 2 bottles of water, one, a lunch-box of rice. A bit later, distribution of individual rice lunch-boxes in polystyrene, exactly what we ate for our quick lunch in the office... When we distribute, we directly provide family rations for 15 to 30 days.
- of course, after 4 weeks, they had to take Senior General Than Shwe, the ruling bastard, out of the formalin, for a visit of the outskirts of Yangon. It is said that the man has lost its sanity and has dementia crisis. Can it really be worse? Anyway, he really looked dead, he can’t be the one pulling any strings any more.
- the referendum enforcing the military ruling of the country was adopted nationwide, with over 92% of yes on 98% of voters! In the devastated regions, the ballot was postponed to May 24th, and 93% voted in the Irrawaddy affected area. Do you also wonder what those 56.000 missing voted for? Probably the same as the 78.000 dead. In Northern Rakhine State, the Muslim people had to vote also, although they are not considered as Myanmar: 99.9% backed up the government.
At the beginning of the crisis, people were forcibly displaced to camps run by the army, North of the devastated area. Although it can’t really be confirmed, some camps were said to be segregating men and women, using not forced but barely paid labour to break stones, and that no teenagers could be seen. Frightening when Myanmar is supposed to be the first country in numbers of child soldiers.
As soon as the referendum was over, people have been forced on the other way, sent back “home”, or near, wherever they can. The government estimated that they would be better eating frogs at home, it would be a better diet than the chocolate bars distributed by foreign agencies. True that we were not so convinced either by the will of UNICEF to distribute Ovaltine...

It would of course be unfair to forget the mobilization of the Myanmar people to help their fellow citizens. Many people collected donations and fund raising in Yangon and all over the country, and some went to the Irrawaddy region or the suburbs of Yangon to organize distributions. The Irrawaddy Division is a rich region just hours away from Yangon and many people have relatives there.
Yangon after Nargis
Myanmar’s most famous comedian, Zaganar, was forbidden access to one of the suburb of Yangon where he was the first one trying to provide relief items, just a couple of days after the cyclone. He then donated through monks to provide his aid. He was arrested last Wednesday night.
A very revered senior monk from Mandalay collected donations and went to the Delta to distribute them. In his first trip, he brought 2 full trucks. The second time, he travelled by train with just 2 trunks of materials. The third time, he could only collect 100.000 kyats, less than 100US dollars... Myanmar people gave as much as they could, but they are already struggling in their daily lives with increasing expenses.
On the way to the Irrawaddy Division from Yangon, there is a major check-point. It seems that private Myanmar people had to pay $30 to bring their donations. It later increased to 50, then a rumour is that it now costs $400.

The relief effort in each township (like a county or department) was put under the responsibility of different ministries. Ministry of Energy, Ministry of Social Welfare, Ministry of Agriculture, you name it! During the first weeks, it rotated between ministries every week!! In Bogale, the Ministry of Forestry was in charge. But at the District level (let’s say Regional level), it was a different ministry: the Ministry of Hotels and Tourism!! Now you really think I blew a fuse and made up this entire text, don’t you?


I am now back in Tokyo, ready to start again teaching English until probably October. After that, if anyone has some good advice to help me find some job in international relations and geopolitics, it’s definitely the part I’m the most interested in for a next career change.

Nicolas
Par Nicolas - Publié dans : Myanmar
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